DIRACTOR'S CUT 2008
Martin Provost : ne pas céder à l'autocensure Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Thibaut DEMEYER   

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Photo : Thibaut Demeyer
Pourquoi avoir voulu parler de Séraphine Louis plutôt que d’un autre peintre ?
Parce que Séraphine Louis est arrivée dans ma vie au moment où je me posais de grandes questions sur mon parcours d’écrivain et de metteur en scène. Et quelque chose m’a emporté vers ce qui est là aujourd’hui, une forme de résurrection, de remise à jour de ce qui n’était pas dans le bon ordre.
Votre film n’est pas un film biographique comme on l’entend. Qu’est ce qui vous intéressait alors ?
Je voulais raconter une rencontre entre deux personnes, un peintre et son mécène, deux marginaux à une époque, 1912, où une femme peintre qui va se retrouver femme de ménage chez un grand mécène, premier acheteur de Picasso, découvreur de Braque et du Douanier Rousseau. C’était un homme très important Wilhem Uhde. Tout le scénario a d’ailleurs été traité autour de cela, je n’ai pas voulu traiter l’enfance de Séraphine, de sa fin à l’asile. J’ai préféré concentrer l’histoire sur ce jeu amoureux entre eux autour de la peinture.
Est-ce que vous avez pensé à Yolande Moreau et Ulrich Tukur dès l’écriture du scénario ?
Je n’ai pas pensé à Ulrich Tukur dès le départ mais j’ai pensé à Yolande tout de suite, avant même l’écriture du scénario. Lorsque je l’ai rencontrée, j’y suis allé avec tout ce que j’avais sur Séraphine, je lui ai raconté son histoire et elle a été naturellement séduite.
Elle aurait dit « non », le film se serait fait quand même ? 
Je ne suis pas sûr. Et en même temps, j’ai l’intuition qu’elle ne pouvait pas passer à côté d’un personnage pareil. Notre travail de préparation a duré plus d’un an. Je l’ai conduite sur les traces de Séraphine Louis pour lui permettre de s’imprégner de son personnage car c’est une actrice qui ne triche pas. Elle a suivi des cours de chant et des cours de peinture. Elle s’est vraiment investie dans ce film.
Et Ulrich Tukur, comment est-il arrivé sur le projet ?
C’est Yolande qui m’en a parlé pour la première fois. Au départ, j’étais un peu inquiet parce qu’Ulrich était beaucoup plus rond qu’il ne l’est dans le film. J’imaginais Uhde plus sec, plus dangereux. Il a d’ailleurs beaucoup maigri pour faire le rôle. Entre-temps, j’ai vu plein d’autres acteurs puis j’ai rencontré Ulrich et je peux dire que ce jour-là, c’était d’une telle évidence. Je n’ai pas voulu tricher avec mes personnages et mes acteurs. Et, même si on voulait m’imposer des acteurs censés rapporter de l’argent, j’ai tenu bon.
Ceci dit, Yolande Moreau et Ulrich Tukur, ce n’est quand même pas n’importe qui.
Oui, bien sûr mais tenez par exemple, je n’ai pas eu d’argent de l’Allemagne parce que Ulrich ne suffisait pas. Il aurait fallu que j’accepte en plus une starlette allemande censée rapporter de l’argent. Mais je n’ai pas voulu, j’ai voulu Anne Bennent qui est une immense actrice en Autriche. Vous savez, il ne faut pas se mentir, le système actuel est comme cela mais je crois aussi que c’est au metteur en scène d’être rigoureux et de ne pas céder à cette espèce d’autocensure qui crée des œuvres bancales. La preuve, j’ai pu monter mon projet tel que je le désirais.

Dernière mise à jour : ( 21-10-2008 )
 
Sandrine Bonnaire, un coeur simple Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Thibaut DEMEYER   

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Photo : Thibaut Demeyer
A la suite du bouleversant documentaire Je m’appelle Sabine le Diractor festival a fait place à Sandrine Bonnaire, la réalisatrice du documentaire sur sa sœur autiste, pour sa carte blanche. L’actrice française, aux multiples récompenses, était entourée de la réalisatrice Marion Laine et du réalisateur Safy Nebbou qui viennent de la diriger dans respectivement Un cœur simple et L’empreinte de l’ange, également présents dans la sélection 2008.

Dernière mise à jour : ( 21-10-2008 )
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La seconde en treize premiers longs… Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LEPAGE Brigitte   

 La deuxième édition du Diractors Film Festival – Luxembourg City prendra ses quartiers du mercredi 15 au dimanche 19 octobre 2008. Ce Festival met à l’honneur les acteurs-réalisateurs. Entendons par là celles et ceux qui se sont retrouvés, à un moment de leur carrière, derrière la caméra, laissant pour un moment leur place d’acteur pour endosser la casquette de réalisateur, parfois même allant jusqu’à adopter définitivement cette dernière profession.
Passant de la Cinémathèque de la Ville de Luxembourg à l’Utopolis et dans les salles Art et Essai du Ciné Utopia, pas moins de treize films inédits au Luxembourg, réalisés par ces acteurs-réalisateurs, seront proposés durant cette période.

Dernière mise à jour : ( 08-10-2008 )
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