2015
Cannes n’aime pas les favoris Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LEPAGE Brigitte   
Depuis le troisième jour de la compétition, la presse n’arrêtait pas de parler du film allemand « Toni Erdmann » de Maren Aden. Il a été durant toute la compétition le film de référence. Puis, Jim Jarmusch et son « Paterson » est venu se rajouter et « Aquarius » de Kleber Mendonça Filho est venu compléter le trio de tête. Et puis, le jury est arrivé et a voulu y mettre son grain de sel et voilà le résultat : le trio a été complétement rayé de la carte des films primables au profit d’œuvre plus conventionnelles qui, parfois n’ont pas fait l’unanimité, voire même suscité des réactions peu agréable pour les auteurs comme Olivier Assayas et son « Personal Shopper » qui s’est fait siffler en projection de presse et qui décroche le prix de la mise en scène ex-aequo avec le très bon «Baccalauréat » de Cristian Mungiu traitant de la corruption dans une Roumanie actuelle. Dans le même ordre d’idée, Andrea Arnold, déjà couronnée à deux reprises à Cannes (Red Road et Fish Tank, tous les deux très bons) réitère l’exploit avec le Prix du jury pour son espèce de road movie  américain, rappelons qu’elle est anglaise, « American Honey ». Très rapidement, ce film de 2h42 devient insupportable. Dès lors, on se demande ce qui a bien pu motiver le jury à lui attribuer ce Prix du jury.
 
Photo : Thibaut Demeyer
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 Bizarrement, il y a eu peu de concurrence cette année pour la catégorie meilleur acteur, si ce n’est peut-être Fabrice Lucchini pour « Ma Loute » ou Gaspard Ulliel pour « Juste la fin du monde ». Dès lors, on ne peut reprocher au jury d’accorder son prix à l’acteur iranien Shahab Hosseini pour « Le Client » signé Asghar Farhadi qui avait déjà marqué les esprits à Cannes avec « Le Passé ». Un film qui avait frôlé la Palme d'or. Avec « Le Client » l’Iran se voit auréoler de deux prix : celui de l’interprétation et du scénario pour Asghar Farhadi. 
Quant au prix d’interprétation féminine, c’est la grande surprise de le voir attribuer à l’actrice Jaclyn Jose pour le film de Brillante Mendoza « Ma’Rosa ». Grande surprise car une fois encore, la tendance se dirigeait plus vers l’actrice brésilienne Sonia Braga pour « Aquarius », nom qui se retrouvait sur toutes les lèvres.
Lors de la conférence de presse des lauréats, Xavier Dolan était très ému mais difficile à savoir s’il l’était parce qu’il était passé du Prix du jury il y a deux ans avec « Mommy » au Grand Prix du jury cette année avec « Juste la fin du monde » ou s’il était déçu d’être, une fois encore, passé à côté de la Palme d’or. Quoi qu’il en soit, le retrouver à cette place au Palmarès est aussi la grande surprise de cette édition.
Quant à la Palme d’or, encore visiblement une décision à connotation politique, elle a été attribuée à Ken Loach, entrant ainsi dans le cercle très fermé des doubles vainqueurs de la Palme, pour « Moi, Daniel Blake », un film sur les aberrations de l’administration anglaise. Dans ce cas précis, l’histoire de Daniel Blake qui perd tous ses droits en tant qu’invalide car l’administration estime, contre l’avis du médecin de Daniel Blake, qu’il est apte à reprendre le travail. L’histoire est intéressante, bouleversante mais reste du Ken Loach sans grande surprise. Un peu comme le cinéma des frères Dardenne également lauréats d’une double Palme d’or. Pas démérité mais pas mérité non plus surtout lorsque l’on se retrouve en concurrence avec des œuvres comme « Paterson » de Jim Jarmusch.
Brigitte Lepage 

 
Premiers palmarès Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LEPAGE Brigitte   
Nous atteignons la dernière ligne droite avant le palmarès prévu ce dimanche. Dès lors, on ne peut s’empêcher de faire son propre palmarès, de regarder ce que les confrères pensent et plébiscitent en tant que Palme d’or. Après une rapide revue de presse, il s’avère que le trio gagnant reste inchangé à savoir « Toni Erdmann », « Aquarius » et « Paterson » qui ont le plus de chance de décrocher la Palme d’or. C’est en tout cas ceux qui ressortent le plus parmi les journalistes. 
Mais attention, il reste encore deux jours de compétition qui peuvent peut-être tout changer. Souvenez-vous de la Palme d’or 2008, « Entre Les murs » qui a été le dernier film de la compétition. « The Last Face » de justement Sean Penn, qui était Président du jury en 2008, aurait pu créer la surprise. Mais à l’issue de la projection, nous avons rapidement compris que Sean Penn ne serait pas un concurrent sérieux à la Palme d’or. Comme quoi, un super casting (Javier Bardem, Charlize Theron, Jean Reno) ne fait pas la beauté d’un film. 
 
Photo : Thibaut Demeyer
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 Demain samedi, deux grands films sont attendus avec impatience. Mais nous décevront-ils au même titre que celui des Frères Dardenne, de Pedro Almodovar et Xavier Dolan ? Ces deux longs métrages s’intitulent « Le Client » d’Asghar Farhadi et « Elle » de Paul Verhoeven qui n’est plus venu à Cannes depuis 1992, l’année où il avait fait l’ouverture avec « Basic Instinct » et une certaine Sharon Stone. 
Brigitte Lepage 
 
Adaptation peu originale Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LEPAGE Brigitte   
Dans la catégorie « Grands noms qui déçoivent » on ajoutera Xavier Dolan et son film « Juste la fin du monde » qui était pourtant le film le plus attendu de cette quinzaine. Après avoir frôlé la Palme d’or avec « Mommy », on était en droit de croire que cette fois, il la décrocherait. Si tel devait être le cas, alors, franchement, les décisions du jury cannois nous rendraient de plus en plus dubitatifs. 
Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, « Juste la fin du monde » souffre d’un manque d’originalité dans sa mise en scène, se contentant de filmer une pièce comme l’ont fait d’autres réalisateurs avant lui. Toutefois, l’interprétation de tous les protagonistes, de Gaspard Ulliel à Nathalie Baye en passant par Jean-Pierre Cassel, est excellente. Mais cela ne fait pas un film, ce n’est pas suffisant.  
 
Photo : Thibaut Demeyer
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En revanche, Cristian Mungiu, Palme d’or en 2007 pour « Quatre mois, trois semaines et deux jours », nous a convaincu avec « Baccalauréat » où l’histoire d’un père médecin qui fait tout pour que sa fille, brillante élève, puisse aller étudier en Angleterre. Mais pour se faire, il ne reste plus qu’une formalité à remplir : passer et réussir son baccalauréat. Hélas, la veille de l’examen, sa fille est victime d’une agression qui remet en question l’avenir de sa fille. C’est alors que le père, prêt à tout, va se fourvoyer allant même jusqu’à la tentative de corruption.
Brigitte Lepage 
 
Un triplé à Cannes ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LEPAGE Brigitte   
C’est le jour « J » pour le cinéma belge avec l’entrée en lice des frères Dardenne qui, à chaque participation en compétition, retournent dans notre plat pays avec un prix entre les mains. Rappelons qu’ils font partie du cercle très fermé des doubles palmes d’or. Faut-il rappeler « Rosetta » en 1999 et « L’enfant » en 2005 ? Entre-temps, en 2002, c’est Olivier Gourmet qui a décroché le prix d’interprétation pour « Le Fils ». En 2008, ils ont été auréolés du prix du scénario avec « Le Silence de Lorna ». « La Fille inconnue » avec Adèle Haenel est donc une nouvelle occasion pour les frères Dardenne de décrocher une troisième Palme d’or et donc de devenir les plus grands réalisateurs au monde car jusqu’ici, personne n’a décroché le triplé. 
 
Photo : Thibaut Demeyer
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Malheureusement, et cassons tout de suite le suspens, « La Fille inconnue », après la projection, n’a pas obtenu de commentaires très élogieux. Si Adèle Haenel, César de la meilleure comédienne pour « Les Combattants » de Thomas Cailley, réussit haut la main son passage dans le monde des Dardenne à travers son rôle d’un médecin généraliste humain à l’interprétation posée et sobre, les frères Dardenne nous présentent une histoire un peu légère où les bonnes idées semblent être restées bloquées dans leur stylo à plume. Toutefois, le reproche qui revient le plus souvent est le manque d’émotion. Il faut bien avouer que l’on a du mal à avoir de l’empathie pour Jenny, jeune médecin rongé par les remords pour ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet après l’heure de fermeture à une jeune inconnue qui, quelques minutes plus tard, trouvera la mort. 
 
Photo : Thibaut Demeyer
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Rien à dire mais tout sourire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LEPAGE Brigitte   
Après plusieurs années de « bouderie » envers le Festival de Cannes, Pedro Almodovar revient dans l’aventure pour tenter, enfin, de décrocher la Palme d’Or. « Julieta », c’est le titre de son nouveau film, est un drame racontant l’histoire d’une mère à la recherche de sa fille qui a décidé de couper les ponts avec elle. Hélas, Pedro semble être passé complètement à côté de son œuvre qui ne dégage aucun sentiment envers les protagonistes. On a comme l’impression que le réalisateur de « Tout sur ma mère » n’a plus rien à dire, plus rien à raconter. Déjà que sa dernière œuvre « Les amants passager » était une calamité, on n’ira pas jusqu’à dire que « Julieta » en est une mais est loin d’être à la hauteur de ce que Pedro nous avait habitué avec des œuvres comme « Femmes au bord de la crise de nerfs » ou « Kika » ou « En chair et en os » voir même « Attache-moi ». 
Brigitte Lepage
 
Photo : Thibaut Demeyer
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